Après la Fédération de tir sportif, c’est la Fédération des chasseurs qui a été victime d’un piratage de données. Des informations sensibles ont été dérobées.
La vigilance est de mise pour les détenteurs d’un permis de chasse. Aprèsla Fédération française de tir sportif à l’automne dernier, voici que la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a été la cible d’un piratage de données, le 20 janvier dernier.
L’organisation indique dans un communiqué publié le 23 janvier sur son site que la cyberattaque, intervenue tôt dans la matinée, a visé « l’espace adhérents du guichet unique de validation des permis de chasser ».
Un incident informatique qui pourrait donc avoir fait fuiter des informations sensibles sur les détenteurs de permis de chasse, et donc d’armes à feu. Toutefois, la FNC assure s’en être aperçue « très rapidement », stoppant « immédiatement » l’accès au site, ce qui aurait arrêté l’attaque.
Un incident d’ampleur « limitée » selon la fédération, 1,4 million de chasseurs concernés selon certains experts
« L’incident est désormais clos et son ampleur a été limitée », assure la fédération, précisant que les systèmes seront remis en service de manière sécurisée dans les prochains jours. Les autorités compétentes ont été saisies, notamment la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), et une plainte a été déposée. Une enquête est en cours.
La fédération tente de rassurer : « aucune donnée bancaire, aucun mot de passe ni aucune information relative à la détention d’armes » ne seraient concernés. La FNC appelle tout de même ses adhérents à la plus grande vigilance face à toute « communication inhabituelle ».
Car cette attaque a pu néanmoins causer une fuite de données, comme les noms, états civils, ainsi que les adresses et coordonnées des membres du fichier des chasseurs. Cette attaque a en effet entraîné « un accès non autorisé à certaines informations personnelles ainsi que le cas échéant, des informations relatives à la validation du permis de chasser ». Ce qui figure sur ce dernier se trouve donc potentiellement déjà en ligne.
Selon des spécialistes en cybersécurité ainsi que le média spécialisé 01net, les infos volées pourraient concerner plus d’1,4 million de licenciés, et se trouveraient sur le dark net, et notamment sur BreachForums, la plateforme où se retrouvent de nombreuses données volées par les pirates. La FNC n’a pas confirmé l’information.
Ce qui peut avoir des conséquences concrètes. À l’automne 2025, en effet, des membres de la Fédération française de tir sportif avaient vu leur domicile cambriolé, et leurs armes à feu volées, y compris par de faux policiers.
Quelles sont les obligations sur le stockage des armes à feu ?
Les armes à feu destinées à la chasse sont des armes de catégorie C.
Elles doivent être stockées :
– Dans un coffre-fort ou une armoire forte adaptés
– Par démontage d’un élément d’arme la rendant immédiatement inutilisable, lequel est conservé à part
– Par tout autre dispositif empêchant l’enlèvement de l’arme
Il faut donc garantir la sécurité, éviter l’usage par un tiers et mettre hors d’état de fonctionner immédiatement.
Les munitions doivent être conservées séparément dans des conditions interdisant l’accès libre.
Les cambrioleurs avaient exploité les informations personnelles dérobées lors de la cyberattaque massive qui a concerné 250 000 actuels et 750 000 anciens licenciés de la FFTir (nom, prénom, date et ville de naissance, civilité, adresse postale, numéro de téléphone et adresse mail, numéro de licence). Une enquête judiciaire a été ouverte, mais les autorités ont bien confirmé l’existence d’un lien entre le piratage et ces faits de délinquance ciblée.
Ces fédérations ne sont pas les seules concernées : les fédérations françaises de tennis, ou de golf, en ont fait les frais. Sans parler des ministères, comme le ministère de l’Intérieur et son fichier des personnes recherchées, également la cible des hackers en fin d’année dernière.
Source : Actu.fr






