Après l’intrusion informatique survenue fin octobre, les coordonnées des licenciés de tirs sportifs avaient été vendues en ligne. Une vague de vols d’armes à feu avait suivi.
Un jeune homme a été interpellé début janvier, suspecté d’être impliqué dans le piratage massif de données de la Fédération française de tir (FFTir), utilisées pour dérober des armes en France, a indiqué jeudi le parquet de Paris, confirmant une information du Figaro. L’homme, né en France en décembre 2007 et demeurant à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), est soupçonné «d’être une des personnes ayant participé à la fuite et à la revente de ces données par le biais de Telegram et sur des forums de cybercriminels», a précisé le parquet. La cyberattaque visant la FFTir avait été suivie d’agressions et de vols d’armes à feu au préjudice de plusieurs adhérents à la FFTir en différents points du pays.
Le suspect a été interpellé lundi 6 janvier par la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. Grâce à «l’exploitation des supports techniques», les investigations «se poursuivent activement sur les autres membres de l’équipe [suspectée] et sur les acheteurs de ces données», développe le parquet.
Le week-end des 18 et 19 octobre, les données personnelles de 250 000 actuels et 750 000 anciens adhérents de la FFTir (numéro de licence, état civil, adresse postale, mail et numéro de téléphone) avaient été piratées. Ces données ont été utilisées pour commettre des vols par effraction ou par usage de fausse qualité (des personnes se faisant passer pour des policiers par exemple) au cours desquels des armes ont été notamment dérobées, avait déjà exposé le parquet de Paris en fin d’année. Deux pistolets ont été subtilisés chez un tireur sportif à Limoges, après un vol similaire à Nice et une tentative à Paris dans le cadre de cette affaire, avait précisé à l’AFP une source policière fin novembre.
La fédération avait appelé ses licenciés à «la plus grande vigilance», rappelant en particulier que les forces de l’ordre devaient prévenir les particuliers par courrier avant de se présenter à leur domicile pour vérifier les conditions de stockage de leurs armes autorisées. «Si quelqu’un se présente […], il ne faut en aucun cas le laisser entrer et il faut téléphoner au plus vite au commissariat ou à la gendarmerie pour les informer de cette tentative d’intrusion», avait indiqué la fédération mi-novembre.
Source : Libération






